www.autopress.be
Nederlands Nederlands 

Roue Libre
Benjamin Marechal (RTBF)




Abonnement Gratuit
Colophon
AutoPress en Favoris
Contactez AutoPress
Assurances auto
 
                            
 

 

Roue Libre à Benjamin Maréchal

« Je me présente comme un traumatisé de la route »

 


« Roue libre » permet à des personnalités belges et étrangères de s’exprimer très largement - et à la première personne - sur le thème de la mobilité, et ce, tous azimuts. Une carte blanche au travers de laquelle ils et elles nous confient ce qui les irritent, les fâchent, les énervent, ou ce qui les perturbent, qu'il s'agisse de l'incivisme des autres usagers, des transports en commun, des contrôles, des amendes, des non sens ou aberrations, de la vitesse ou des limitations ou encore de certaines hypocrisies. Un gentil coup de gueule qui peut-être suivi en écoutant les morceaux choisis de l'interview...

 

Propos recueillis par Marc LEBRUN

 

Benjamin MaréchalAux commandes de l'incontournable émission interactive « C'est vous qui le dites », la libre antenne intellectuelle de Vivacité, diffusée tous les jours entre 9 et 11h00 et « Le 8/9 », tous les jours entre 8 et 9h00 sur Vivacité, Benjamin Maréchal est avant tout un sympathique journaliste qui opère de manière neutre et en toute objectivité, Mais au sortir des studios de la RTBF, c'est aussi un automobiliste... traumatisé !

Je me présente toujours comme étant un traumatisé de la route, puisque j'habite à quarante kilomètres de Bruxelles. Pour rejoindre la capitale depuis mon domicile, j'emprunte deux types de réseaux. Tout d'abord je sillonne les villages afin d'arriver jusqu'à l'autoroute et ensuite j'y subis les embouteillages ! Résultat des courses, il m'est arrivé de boucler ces quarante petits kilomètres en pas moins de deux heures pour arriver au boulot et parfois trois heures pour rejoindre mon domicile. Sur le ton de la blague on dit toujours que si tu fais cinq heures de route sur une journée, tu pourrais être très loin en vacances, ben non, j'ai juste été bosser.

Je me pose d'autant plus de questions sur l'adéquation entre le type de réseau routier qu'on nous offre, c'est à dire que dans les villes et villages de Wallonie il n'y a pas forcément de routes ou de nationales adaptées à du mouvement vers Bruxelles, ces routes enlacées à l'infini qui sont conçues pour une voiture et jamais pour du croisement. Tout cela ne correspond absolument plus à la réalité ! Et lorsque tu as dépassé ce réseau routier parfaitement obsolète de la Wallonie, tu arrives sur des autoroutes où tu es systématiquement coincé, calé en permanence...

Alors je veux bien qu'on évoque les solutions de mobilité, on fait pas mal de choses pour les transports en commun, mais il y a dans ce pays une partie de la population qui ont des horaires et des contraintes professionnelles telles que l'incertitude des transports en commun est inacceptable, on ne peut pas prendre le risque d'une grève de bus, d'une grève de train ou plus simplement se fier aux horaires de la SNCB.

Alors il est des jours où je me dis que je comprends les gens qui finalement font un calcul - et c'est pour moi qui ai le sens du travail dans les gènes terrible d'en arriver à un tel constat - en se disant qu'ils ont tout intérêt à ne pas aller travailler pour rester Benjamin Maréchalchez eux afin d'économiser sur l'essence et sur le prix d'un véhicule. Traumatisés par cette route, par ce réseau routier dont personne ne veut rien savoir, parce que dans les grandes lignes on sent bien que l'avenir n'est pas à une amélioration, et je ne parle pas des trous. C'est selon moi un problème qu'on refuse de voir et même d'envisager, et je me dis parfois qu'aller travailler devient une lutte ou relève de la performance. Dans ce cas, comment jeter la pierre à des personnes qui se disent ne plus vouloir jouer dans ce jeu-là et refusent de passer cinq heures dans les embouteillages.

Certains pays gèrent mieux la fluidité du trafic que nous. Aux États-Unis par exemple, les axes disposant de quatre bandes de circulation voient leur nombre passer à cinq, tout simplement en faisant usage de la bande de stationnement aux heures de pointe, et cela fonctionne très bien. J'ai été au Canada en avril dernier, dans la ville d'Halifax - ou le trafic en heure de pointe s'apparente à celui de Bruxelles un dimanche - les usagers ont deux fois trois bandes en temps normal à disposition, mais en fonction du flux quatre bandes sont allouées à la sortie de la ville ou à l'entrée, ce qui pour moi constitue une gestion beaucoup plus souple du trafic.

Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est véritablement dans un nœud, je pense malheureusement que plus personne n'aura le courage de lancer une réflexion sur l'utilisation et sur la configuration du réseau routier, l'automobiliste est condamné à subir ad vitam æternam.

Moi je suis un enfant de Bruxelles, né à Bruxelles, j'y ai vécu toute ma vie de jeune homme (rires) et j'ai du quitter cette ville parce qu'elle était devenue iBenjamin Maréchalmpayable au niveau du logement, et quand je veux aujourd'hui revenir dans ma ville, qui s'est complètement fermée - on parle de barrières à l'entrée de Bruxelles, on parle de paiement comme cela se fait à Londres - je me rends compte que je fais partie des gens qui purgent la double peine : j'ai du partir parce que je n'avais pas les moyens de me loger et je dois souffrir pour revenir travailler dans ma propre ville.

Ma sœur, qui vit toujours à Bruxelles, m'a récemment rétorqué que c'étaient les navetteurs comme moi qui foutent notre ville en l'air, donc ma propre sœur, le sang de mon sang me reproche de revenir travailler dans ma propre ville, c'est un comble non ? Que penser d'une ville qui se ferme à ce point, elle n'est plus du tout ouverte sur le monde, c'est insupportable !

Je pense aussi que les gens qui ne font pas des quantités de kilomètres ne se rendent pas vraiment compte de la dépression et de difficulté physique que cela peut engendrer. Il y a dans le chef de certains conducteurs une part d'incivisme qui est avéré, je le reconnais, mais ce flux de trafic fini par rendre les gens dingue aussi.

 

Ecoutez les morceaux choisis de l'interview de Benjamin Maréchal

 

Retour à l'index Roue Libre

 

Roue Libre à Jacques Mercier

Roue Libre à Thomas Gunzig

Roue Libre à Michel Fugain

Roue Libre à Jean-Marc Nollet

Roue Libre à Patrick Perret

 

 

       
  Interviews Rubriques Pratique
       
  AutomoBelles Essais autos Petites annonces autos & motos
  Roue Libre Essais motos Panneaux de signalisation
    Assurances auto Contrôle technique
    Concept Cars Trucs & Astuces
Sur les bancs de l'Eco Voitures de l'année
      Importateurs autos et motos
       
Abonnement Gratuit à la newsletter AutoPress

 
 
       

 

 


Copyright 2002-2014 (C) All Right Reserved by AutoPress - Created, Powered & Designed by Marc Lebrun Home || Conditions Générales || Contact || Partenaires || Colophon  
Website templatesBusiness directory UKYellow pages USWebsite design companyWeb design directoryWeb design directory AustraliaWeb design directory CanadaFree cars / automotive web templates
Toute utilisation ou reproduction - même partielle - du contenu de ce site sans autorisation préalable de l'éditeur est strictement prohibée et illicite